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Journal of Urban and Territorial Planning

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1 usages à l’épreuve de l’urbanisation: Exemple de Lahmarià Rafraf (Bizerte-Tunisie) Brahim JAZIRI 1, Hamouda SAMAALI 2 1 .2 Enseignant chercheur, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, jaziribrahim@gmail.com     samaalihamouda@yahoo.fr Dynamics of agro-forest landscapes and changes of uses against  urbanization: Example of Lahmari in Rafraf (Bizerte-Tunisia) Prof researcher, Faculty of Human and Social Sciences of Tunis   الملخص: أدى الطلب المتزايد على الأراضي ذات المناظر الخلابة التي تطل على شواطئ ساحل الحماري شمال البلاد التونسيّة إلى توسع حضري كبير على الأراضي الزراعية. يمكن تصنيف ثلاث فئات متميزة وفقا للانحدار والارتفاع: تصنف الفئة الاولى على أنها مباني مواجهة للمسطحات المائية أما الفئة الثانية فقد شغلت منطقة الاستهلاك الزراعي. فى النهاية، الفئة الثالثة تهم الفيلات الفاخرة الباحثة عن منظر طبيعى استثنائى يفتح على الغابة والبحر. كما أدى التغير في استخدام الأراضي إلى تعطيل الأنشطة الزراعية في المنطقة و تهميش التراث الزراعي الخصب للمساطب. الكلمان الدالة: الزحف العمراني، المشاهد الزراعة ، الزراعات على المساطب، التراث الزراعي، الحماري.   Résumé : La forte demande des terrains à vue panoramique s’ouvrant sur le littoral de la plage Lahmari au nord de la Tunisie a conduit à un étalement urbain important sur les terrains agricoles. Trois catégories de constructions peuvent être distinguées selon la pente et l’altitude: La catégorie I est qualifiée de bâti de front de mer. La catégorie II est faite sur la zone de la déprise agricole. Enfin, La catégorie III  comprend les villas de haut standing qui cherchent un paysage exceptionnel s’ouvrant sur la forêt et la mer. Ce changement d’occupation du sol a conduit à un dérèglement des activités agricoles et a compromis un patrimoine de culture en terrasse considéré comme important dans cette zone. Mots clés : étalement urbain, paysages agro-forestiers, culture en terrasses, patrimoine, Lahmari. Abstract : The demand for scenic land opening up to the shores of Lahmari beach in northern Tunisia has led to significant urban sprawl on agricultural land. Three distinct categories can be observed according to slope and altitude: Category I is classified as waterfront building. Category II is carried out in the agricultural depreciation area. Finally, Category III is includes luxury villas looking for an exceptional landscape opening onto the forest and the sea. This change in land use has led to a disruption of agricultural activities and has compromised a cultural heritage terrace considered important in this area zoned. Keywords: urban sprawl, agro-forest landscapes, terraced culture, heritage, Lahmari. Introduction : La dualité entre le social et l’environnement est un exemple d'interface fonctionnant sur les échanges qui interagissent entre la société et son milieu naturel.Le concept de territoire considère l’espace géographique comme une ressource et s’appuie sur les processus d’artificialisation de l’environnement. Ce concept permet d'analyser les répercussions de l'organisation et du fonctionnement social et économique sur l'espace considéré (Bertrand, 2002). Le développement des fonctions résidentielles et touristiques dans le milieu rural de Raf Raf est le résultat, depuis les années 1980, d'un étalement spatial anarchique de la zone urbaine aux dépens des terrains agro-forestiers et des friches enclavées.S’ouvrant sur la Baie de Bizerte au nord de la Tunisie, la zone d'étude (figure 1) appartient à une région naturelle appelée « Sahel de Bizerte » (Bonniard 1934). Elle couvre une superficie de 3,82 km². La topographie présente des collines découpées par des vallées assez profondes. La ville s’adosse sur le versant nord de Jbel Nadhour dont le sommet atteint 253m.  Les collines présentent des pentes raides avec des valeurs de 40° ce qui rend la pratique agricole pénible surtout pour l’irrigation. Des efforts considérables de reboisement et de travaux de conservation des eaux et des sols ont abouti à une stabilisation précaire de certains terrains sablonneux meubles à haut risque d’érosion éolienne mais aussi a encouragé l’installation des villas secondaires  même sur les terrains à pente élevée. Administrativement, la zone d’étude appartient au imada[1] de Raf Raf. La population s’élevait à 11570 habitants en 2014, enregistrant un léger solde positif de 1459 habitants par rapport à 2004 (10121 habitants). Malgré le caractère rural dominant de l’imada, la population citadine représente 85,1% de la population totale en 2014. Cette valeur était plus importante en 2004 avec 97,2% (INS, 2014). Cette contribution propose d’étudier l’impact de l’étalement urbain sur l’évolution des paysages agro-forestiers à Lehamari. Elle s’inscrit pleinement  dans  une  démarche  qui  vise  à  coupler  des  méthodes d’analyses spatiales et  paysagères. Compte tenu des phénomènes naturels, nous optons pour une approche systémique de l’aléa, en étudiant  successivement  les  contextes topographique, géomorphologique et biogéographique du  site.  Nous  complétons  cette  analyse  par l’étude  des  transformations  induites  par  l’homme  sur  le milieu.  En  particulier,  leur  influence  sur  le milieu naturel et le patrimoine agricole. Pour caractériser la dynamique des paysages agro-forestiers, il a été fait appel à des méthodes de la cartographie paysagère, qui en rendent la description et l'interprétation des mutations plus faciles.     Fig. 1 : Carte de localisation de la zone d’étude   Histoire récente et évolution de l’occupation du sol à Rafraf  Comme c’est le cas de Ras Jbel et de Metline, la localité de Rafraf se caractérise par une position éloignée des points de passage.On connait peu d’histoire sur la période précoloniale. En effet, cette localité échappe aux chemins et aux paysages décrits par les voyageurs français qui ont visité la régence de Tunis vers la moitié du XIX siècle. A l’exception de quelques colons français, pêcheurs grecs ou italiens, la localité de Rafraf n’a pas beaucoup attiré les Européens durant la période coloniale, contrairement à la localité de Ghar El Melh au sud de Jebel Ennadhour,centre d’intérêt d’une communauté européenne assez large durant la période coloniale dû à de la présence d’un port et d’un poste de contrôle militaire (Ben Jelloul, 1998). L’examen des cartes topographiques aux 1/50 000 et au 1/25 000 de Ghar El Melh nous a permis de reconstituer une idée exhaustive sur l’état de l’occupation du sol à Rafraf depuis la première décennie de la colonisation française. En effet, vers 1891et à l’exception du noyau historique (qui est accrochée sur le versant d’une colline) et d’un groupement d’habitation nommé Dhar Ayed (figure 2), le développement de l’installation humaine reste timide dans le secteur. Les différentes formes topographiques (plaines, monts, versants à pentes raides) sont souvent réservées aux activités agricoles notamment la viticulture qui a pris l’ampleur dans ces terroirs faisant ainsi la renommée de la région. Il s’agit d’une spéculation ancienne dominée par les "Muscats" qui s’étendent sur des henchirs créés souvent et dirigés par des colons italiens. « Ces nouveaux immigrants "illégaux", comme l’indiquent les différentes sources intéressées par la question des italiens en Tunisie, ont profité de la confusion relative à la terre forestière comme sous le terme de " litiges forestiers", pour s’installer sur les « terres mortes » (Chaâbani, 2009) ». Fig.2 : Evolution de l’occupation du sol à Lahmeri entre 1891 et 1982 (Cartes topographiques de 1891, 1950 et 1982) L’instauration du régime d’immatriculation foncière facultative en juillet 1885 été en faveur des colons (Guignards, 1902). En effet, les terroirs fonciers de Rafraf sont dominés par un régime foncier traditionnel (hérité) de la propriété. Cette dernière résulte d’un titre rédigé par un "Adl" qui fournit des indications imprécises sur les dimensions, les limites, les origines de la propriété et sur les conditions juridiques (Ben Jelloul, 1998). La carte topographique de 1891 témoigne aussi de la présence d’autres activités agricoles dominées par des implantations, entre les parcelles viticoles et la plage de Lahmeri,jusqu’aux pentes les plus raides entre Jebel Ennadhour et Jebel Eddmina. Dans ces conditions, les agriculteurs ont recours à l’aménagement de petites terrasses pour atténuer l’effet de la pente mais il est difficile d’affirmer cette hypothèse vu l’absence des éléments de réponse sur la carte de 1891. Une nette transformation dans l’occupation du sol de la zone d’étude est observée en 1950 sur la carte topographique de Porto Farina au 1/50 000 (figure2). Tout d’abord, l’apparition d’un champ d’accumulation du sable[1] à l’Est de la zone d’étude. Ce champ dunaire est le résultat des accumulations sablonneuses meubles. Il était naturellement fixé par une végétation psammophile dense et des arbustes, comme les Juneperus oxycedrus, Quercus coccifera, Phyleria angustifolia, Pistacia lentiscus, etc. (Gounot,1967). La végétation, bien adaptée au milieu dunaire et capable de fixer le sable, a été détruite par l’homme dans le but de se procurer du combustible, des terres de culture et des pâturages (Laaribi, 2015). La dégradation de l’écosystème précaire a exposé ce champ dunaire à l’effet néfaste de la déflation éolienne. Les sables avancent au gré des vents dominants du NW vers l’intérieur des terres, recouvrant ainsi sur leur passage les maquis, les points d’eau, les terres des cultures et toutes les infrastructures. En même temps, une transformation dans la nature de l’activité agricole, par l’extension de vergers (activité de jardinage) sur quelques hectares à la place des vignobles. Ainsi, on observe une augmentation des habitations individuelles tout au long de Lahmeri et de part et d’autres d’une piste agricole locale. Le rétrécissement de cette spéculation est une conséquence directe de la grande crise viticole des années trente, où la vigne italienne a perdu tout caractère pionnier. En effet, « les vignerons italiens ont souffert des mesures draconiennes prises par les autorités pour "franciser" le secteur ». Ils sont acculés à se naturaliser ou à quitter le pays (Samaâli, 2016).Après l’indépendance et du fait, d’un vieillissement des pieds et d’un léger conflit d’usage du sol, une politique d’arrachage a amplement diminué la superficie du vignoble. Malgré le vieillissement des pieds et la situation de crise par laquelle est passée la viticulture, de nouvelles parcelles de Muscats ont apparues dans les secteurs ouest de la zone d’étude (figure 2) Au début des années 1980, la progression du bâti à nettement marqué le paysage à Rafraf plage. Il s’agit majoritairement de résidences secondaires acquises par des tunisois (hauts fonctionnaires de l’Etat, gros propriétaires, industriels,…). Ces derniers ont déclenché une spéculation foncière et une augmentation du prix du m² qui atteint les 10 dinars au début des années 1980, 50 à 60 dinars et même 80 dinars dans les années 1990, 100 à 120 dinars à la fin des années 1990 (Ben Jelloul, 1998), 190 dinars en 2004 et 350 dinars en 2019[1]. Le régime traditionnel de la propriété foncière a donc favorisé une urbanisation clandestine à Lahmeri. L’extension de l’espace bâti est soutenue par l’émiettement parcellaire excessif dû aux partages successoraux et aux autres formes d’acquisition. Les grands domaines agricoles ont été fragmentés et un système de culture bocagère est apparu sur la carte topographique de 1982. L'intensification des modes agraires et l'extension des cultures irriguées dans la plaine côtière ventée du Sahel de Bizerte a nécessité d'importantes plantations de haies brise-vent. La mise en place du réseau bocager a commencé au début du 20ème siècle avant même les travaux de reboisement des dunes sableuses (Jaziri, 2017).Vers l’Est, un grand domaine forestier occupe la place du champ dunaire grâce aux actions de reboisement menées aux années 1960. Aujourd’hui, Rafraf est devenue un pôle d’attraction estivale pour un tourisme balnéaire informel. Cela a accentué une urbanisation massive souvent clandestine dans le secteur de Lahmeri et déclenché le développement du secteur locatif et des résidences secondaires. En contre parti, ces nouvelles installations, ont progressivement grignoté les superficies agricoles et agressé le milieu naturel. II- Des approches thématique et méthodologique complémentaires  L’étude de l'extension spatiale des espaces urbains à Lahmeri se révèle possible, notamment par l’intégration des techniques cartographiques et des données spatiales et par l’apport des systèmes d’informations géographiques (SIG). Dans ce contexte, la première phase a consisté à l’harmonisation des documents existants (tableau n°1) sous ArcGis 10.3. L’objectif étant de mettre en place une base de données géographique à référence spatiale. Tableau n°1 : Liste des documents cartographiques utilisés   Liste des cartes   Les photographies aériennes      Les extraits Google Earth  La carte topographique de Porto- Farina aux 1/50000 (1891)   La mission n° 359(1974) Aux 1/25000 –Ghar El Melh et Rafraf   Des Extraits Google Earth (JPEG) (Octobre 2004)   La carte topographique de Porto- Farina aux 1/50000 (1950) La carte topographique de Ghar El Melh Nord Est aux 1/25000 (1982)   La mission n° XXX(1998) Aux xxxxx –Ghar El Melh et Rafraf   Des Extraits Google Earth (JPEG) (Octobre 2018)   La carte topographique de Metline Sud Est aux 1/25000 (1981) Afin de pouvoir superposer les cartes, les photos aériennes et les extraites d’images Google Earth disponibles, on a procédé par un calage spatial basé sur l’utilisation du référentiel conique conforme de Lambert Nord Tunisie qui figure sur les différentes cartes topographiques. Après la vérification des erreurs de décalages géométriques entreles différents documents cartographiques, on a digitalisé toute les couches de l’occupation du sol du secteur Lahmeri dont l’objectif est de récupérer la géométrie des objets par thème (bâti, forêt, sable, arboriculture,..). Les différentes couches éditées ont servi de base ensuite à la conception de planches cartographiques qui obéissent aux règles strictes de la sémiologie graphique. Toutefois de nouvelles méthodes de représentation graphique (densité par maillage[1], ...) ont été utilisées pour quantifier l’étalement des espaces bâtis pour les dates seuils choisies à savoir ; 1974, 1998, 2004 et 2018. En parallèle des campagnes de terrain ont été effectuées depuis août 2019 au secteur Lahmeri pour des entretiens directs avec des anciens résidents, des agriculteurs, des promoteurs immobiliers privés. La réalisation d’une cartographie thématique de base couvrant l’ensemble du secteur Lahmeri est susceptible d’offrirune vision globale du fait urbain couvrant des surfaces conséquentes ; cette démarche s'avère impossible avec les données traditionnelles lorsqu’elles existent. L’intérêt de l’approche thématique était d’identifier, analyser et évaluer l’état des lieux et transformations spatiales en relation avec la croissance urbaine à l’échelle parcellaire. Cependant l’approche méthodologique vise à développer une analyse qui facilite l’utilisation d’une mosaïque de données cartographiques (notamment satellitaire)dans des études de suivi des milieux urbains. III-Caractérisation de l’accroissement spatial des espaces bâtis à Lahmeri III-1 : Saturation de la plaine et « colonisation des hauteurs » Le processus d’accroissement ou d’étalement de l’espace bâti ne doit pas être considéré comme un problème spécifique à l’agglomération de Raf Raf. Au contraire, ce phénomène s’est généralisé à l’ensemble des agglomérations tunisiennes et c’est accentué depuis le début des années « 1980 ». Toutefois, Rafraf et en particulier la plage Lahmeri présente un cas particulier du processus général d’urbanisation. En effet, tout au long du domaine côtier « Lahmeri », on aperçoit une morphogenèse urbaineà caractère ségrégatif(dans les pentes le plus raides) dominé par des résidences secondaires qui envahissent et grignote en permanence l’espace agricole. Jusqu’aux années 1982 (figure 2), les résidences locatives et secondaires présentent une discontinuité spatiale entre la côte sablonneuse et la route qui mène à la forêt. La superficie des installations est estimée à 5,3 ha avec une densité assez faible notamment au niveau de l’ancien noyau de Dhar Ayed. La superposition des photos aériennes de 1998 aux données issues de la carte topographique de 1982 fait apparaitre de nouvelles installations qui se propagent cette fois-ci de part et d’autres de la route (figure 3).   Fig.3 : L’étalement urbain à Lahmeri entre 1998 et 2018 (Photos aériennes 1998 et extraits d’images Google Earth 2004 et 2018)   La superficie urbanisée entre 1982 et 1998 est estimée à près de 5,65 ha avec une densité assez forte au niveau du quartier Dhar Ayed (figure 4). La carte d’évolution de l’urbanisation (figure 3) montre une occupation linéaire presque continue en 2004 entre le rivage et la route. La superficie du bâti a atteint 21,54 ha et enregistre un taux d’accroissement de l’ordre de 35.5 % par rapport à l’année 1998. Sur ce linéaire, la densité la plus élevée (24 logements/hectare) est observée toujours au niveau du quartier Dhar Ayed. Tandis que, les secteurs limitrophes de la route qui mène à la forêt se caractérisent par une densité faible par rapport au secteur précédent. A fur et à mesure qu’on s’éloigne de la route vers le rivage ou vers la ligne de crête de Jebel Ennadhour on enregistre les valeurs de densité les plus faibles, soit 1 à 5 logements/hectare (figure 4). Parallèlement à l’urbanisation linéaire continue, une nouvelle tendance est observée sur les versants nord de Jebel Ennadhour. Il s’agit d’une autre forme de prolifération urbaine liée à la « colonisation des hauteurs » ou à la « colonisation verticale ». Ce processus particulier d’urbanisation s’est déclenché vers la fin des années 1990 et le rythme des constructions s’est accentué pour aboutir à l’implantation d’une centaine de résidences secondaires (figures3 et4 et photos 1 et 2). Les constructions sont édifiées sur des hauteurs atteignant les 100 mètres défiant ainsi toutes les contraintes liées à l’absence de toute infrastructure et à la topographie (ZAIER, 2010). Fig. 4 : Répartition de la densité du bâti (par maillage) entre 1974 et 2018 (Photos aériennes 1974 et 1998 et extraits d’images Google Earth 2004 et 2018)   Photos 1 et 2 : Evolution du paysage urbain à Lahmari entre 1978 et 2019 (Source : image 1978 :cliché anonyme ; image 2019 :cliché des auteurs) Avec la saturation du quartier Dhar Ayed et de l’ancien front de Lahmeri, l’accélération du rythme des constructions clandestines a abouti à une prolifération de  l’urbanisation dans de nouveaux espaces à vocation agricole située au sud de la route. L’absence d’un plan d’aménagement jusqu’à une période récente a amplement développé une urbanisation illégale. Même si le PAU[1] de Lahmeri été approuvé en 2009, il se trouve qu’une grande partie de l’espace urbain qui se trouve au sud de la route qui mène à la forêt est en dehors de la limite communale. Ces facteurs, se conjuguent avec les circonstances de la révolution de 14 janvier 2011 pour fortement modelé la morphologie paysagère notamment dans le secteur sud-est (sud de la route principale de Lahmeri) de la zone d’étude. En effet, ce dernier a enregistré des taux d’évolution des constructions secondaires très significatifs entre 2004 et 2018 (figure 5).   Fig. 5 : Evolution des espaces bâti entre 2004 et 2018 (Extraits d’images Google Earth 2004 et 2018) L’espace d’emprise des résidences secondaires a presque doublé par rapport à l’année 2004. Dans ce contexte, la superficie urbanisée a atteint 35,32 ha en 2018 et enregistre un taux d’accroissement brut de l’ordre de 63,39 % par rapport à 2004. L’accroissement de l’espace bâti est accompagné par une évolution positive dans les taux de densité au niveau du quartier Dhar Ayed, du quartier Lahmeri et même dans les zones sud qui se trouvent hors des limites du PAU. Jusqu’en 1974, l’occupation du sol était traditionnelle et planitaire. 91,3% des constructions se trouvaient à une altitude inférieure à 50m et des terrains à pente maximale de 6°. A partir de cette date, les constructions ont annexé la quasi-totalité des terrains d’altitude au-dessous de 50m. Les terrains inférieurs à 50 m occupent 1,8 km², soit 47,3 % de la superficie totale. Ils correspondent aux terrains les plus habités (figure 6).   Fig. 6 : Evolution du bâti selon l’altitude entre 1974 et 2018 (Photos aériennes 1974 et 1998 et extrait d’image Google Earth 2018)   Entre 1998 et 2018, le rythme de construction s’est multiplié par 1,5 sur les terrains d’altitude inférieure à 10m et par 2 sur les terrains entre 10m et 50m. La classe d’altitude 50-100m représente des terrains assez pentus avec une moyenne de 10,7° et un maximum de 27,4°. Malgré ses aptitudes défavorables aux constructions, 118 y sont édifiées en 2018 contre18 seulement en 1998. Au-delà de 100m d’altitude, les pentes deviennent raides ; elles dépassent 35° et atteignent 42° au-delà de 150m d’altitude. Malgré ses terrains très pentus, les constructions ne cessent d’apparaître même sur des terrains inaccessibles. En 2018, 18 constructions occupent de l’altitude supérieure à 100 m et 5 d’entre-elles sur des altitudes de 200 m et des pentes de 28°.  La figure n°7 trace l’évolution du bâti selon la pente et l’altitude. Le nuage de point a permis de dégager 3 catégories distinctes : - La catégorie I : peut être qualifiée de bâti de front de mer. La topographie se caractérise par une altitude qui ne dépasse pas 120 m et une pente faible de 10°. Cette catégorie regroupe l’essentiel du bâti de 1974, période caractérisée par l’absence du fait urbain et la dominance du caractère rural. Ce groupe connait depuis 1998 la concentration la plus importante des habitations avec une densification extrême de l’espace. La quasi-totalité de ces habitations se trouvent à l’intérieur du PAU ; il s’agit de d’habitat  de type individuel isolé, jumelé ou groupé (MEHAT, 2009). Le développement de l’activité touristique balnéaire a transformé un grand nombre des habitations en résidence destinées à la location et un bon nombre de ces habitations s’est transformé en restaurants surtout celles de  front de mer. Ces dernières, et d’après le PAU de Raf Raf se trouvent à l’intérieur de la zone de servitude de la ligne de côte et même dans le domaine public maritime.   Fig. 7 : Evolution du bâti selon la pente et l’altitude entre 1974 et 2018 (photos aériennes 1974 et 1998 et extrait d’image Google Earth 2018). - La catégorie II : peut être qualifiée de zone de la déprise agricole. Elle regroupe les foyers situant pour la plupart des cas à une altitude comprise entre 20 et 100 m mais sur des pentes qui peuvent atteindre 20°. Cette catégorie intéresse surtout les habitations qui ont vu le jour après 2010. La crise agricole que connait la région suite à la baisse des rendements a abouti à une déprise agricole importante et l’extension de la friche agricole. Cette situation encourage les locaux à se débarrasser de leur terrain (Ben Jelloul, 1998) ce qui met en péril tout le patrimoine cultural de la région. Les terrasses autrefois aménagés pour les cultures familiales sont aujourd’hui en dégradation continue (photo 3). La forte demande en terrain constructible et la saturation du bâti dans la catégorie I ainsi que la hausse des prix de vente a obligé les nouveaux venants à chercher des terrains à prix moins onéreux.  Une bonne partie de ces habitations se situent à l’extérieur du PAU ce qui pose des problèmes liés à l’absence de l’infrastructure de base surtout  l’assainissement, d’une part,  et un problème d’accessibilité vu l’insuffisance de routes aménagées, d’autre part. - La catégorie III : Les habitations de cette catégorie se trouvent entièrement en dehors du PAU (figures 5 et 7). Il s’agit de villas de haut standing qui cherchent un paysage exceptionnel s’ouvrant sur la forêt et la mer. Ainsi, cette catégorie peut être qualifiée de catégorie des vues panoramiques sur mer. Ses habitations sont construites sur des terrains hauts et à pente forte qui peut atteindre 40° ce qui nécessite des moyens logistiques et financiers importants.   Photo 3 : Une nouvelle tendance d’urbanisation à la recherche de la vie sur mer sur des pentes raides (clichés des auteurs, 2019) III-2 Les conditions d’urbanisation à Lehmeri : III-2.1. Une croissance des aires urbaines plus au moins indépendantes de celle démographique. L’analyse quantitative des données de l’INS pour la totalité de la localité de Rafraf montre une forte indépendance entre l’accroissement démographique et celle des espaces bâtis ou du parc logement. Jusqu’à 1984, on ne dispose que des statistiques relatives à la population et au taux d’accroissement. En effet, la localité de Rafraf compte près de 3500 habitants au cours des années 1940, avec un taux d’accroissement très faible. Par la suite, ce taux augmente d’une manière significative pour atteindre  1.65 % en 1956 (Zaier, 2010), 2.85 % entre 1966 et 1975 et 2.83 % pour la période 1975-1984. Malgré le net accroissement de la population à Rafraf, le facteur démographique ne traduit pas une corrélation significative avec l’emprise urbaine. Au contraire, il s’est avéré par la recherche d’éventuelle corrélation entre l’évolution du nombre des ménages et des logements que ces deux paramètres sont fortement indépendants. Le rythme de construction des logements a évolué amplement par rapport au nombre de ménages que ce soit pour toute la localité ou pourle secteur Rafraf plage. En 1994, la localité de Rafraf compte près de 8332 habitants, avec 3057 logements pour 2112 ménages soit 1.4 logements par ménage. « Ce dynamisme en matière d’habitat coïncide avec un faible accroissement de la population ne dépassant guère 1.37 % » (Ben Jelloul, 1998). L’écart « logements-ménage » augmente encore en faveur du premier paramètre en 2004 (figure 5). En effet, le nombre de logements, a atteint 4867 pour quelques 2522 ménages (INS, 2004) soit 1.9 logements par ménage. Les chiffres de 2014, confirme encore la non corrélation entre le rythme d’accroissement de la population et des ménages et ceux des logements et des espaces bâtis. Le nombre de logements par ménage reste constant, autour de 1.91 % pour un taux d’accroissement de la population qui ne dépasse pas 1.43 % entre 2004 et 2014. Ce même constat d’indépendance entre le parc logements et les ménages touche amplement le secteur de Lahmeri. En effet, en 1994, le nombre de logements est estimé à 877 pour seulement 366 ménages (INS, 1994), soit 2.39 logements par ménage. Le parc logements évolue considérablement pour atteindre 2638 unités en 2004 et 3261 unités en 2018 (images Google Earth 2004 et 2018). Selon Zaier, (2010), ce surplus, a amplement élargi l’écart par rapport au nombre de ménages. Il correspond en grande partie à des résidences secondaires vacantes, occupées pendant une courte durée de l’année. Il est a signaler que la localité de Rafraf est un lieu de villégiature, un pôle d’attraction estivale (Ben Jelloul, 1998) et de tourisme balnéaire par excellence.  L’étude faite par Zaier (2010) a pu dégager« deux types de logements vacants ceux appartenant essentiellement à des immigrés originaires de la ville et ceux dédiés à la villégiature estivale ». Ces constructions "pavillonnaires" sont à la propriété d’une population aisée résidente soient à l’étranger, à Tunis, à Bizerte ou même à la région du « sahel tunisien ». Elles sont exploitées par les propriétaires pour une courte durée en été, parfois louées ou cédées à des proches. Quant au secteur de Dhar Ayed, le développement du secteur locatif déclenché depuis le début des années quatre-vingt est à l’origine du mouvement de densification du bâti. Profitant d’une localisation sur le front de mer, les propriétaires ont parfois construits des logements de quelques étages sur un lot de terrain très réduit, loués pendant la saison estivale à des prix qui varient entre 100 à 150 dinars par jour. Par rapport à ceux de Lahmeri, les logements de Dhar Ayed présentent des équipements de conforts très moyens. En dehors de la saison estivale, Les quartiers Dhar Ayed et Lahmeri ressemblent à des quartiers « fantômes ». III-2.2. Morcellement excessif de la propriété foncière et émergence des lotissements non réglementaires. La question foncière est l’un des facteurs qui stimule la croissance urbaine.L’étude de la structure de la propriété foncière participe en grande partie à la compréhension de l’organisation spatiale des terroirs et des acteurs qui sont impliqués (Clotide, 2005). Une des raisons pour laquelle les chercheurs ont souvent accordé beaucoup d’intérêt à ce paramètre lors des études urbaines. Le volet de la propriété foncière à Rafraf est amplement étudié par Ben Jelloul (1998). Signalons aussi l’existence d’une autre étude qui été faite par Ben Salem (1996) pour la totalité du sahel bizertin dans laquelle l’auteur a beaucoup détaillé l’appropriation foncière et les conflits d’usage du sol dans les différentes localités. Les terroirs de la localité de Rafraf sont dominés par un régime foncier traditionnel caractérisé par des indications imprécises du bien. Jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, le secteur de Lahmeri a disposé de terrains vagues sans titre d’immatriculation (rejet par manque de papiers nécessaires, etc,…) situés sur une bande littorale ne dépassant pas 500 m de la mer (Zaier, 2010). Ce constat a fortement remis en question l’intervention des opérateurs fonciers et immobiliers puisque qu’ils ne pouvaient en aucun cas disposer de titres qui pouvaient garantir leurpleine propriété sur le bien immobilier (Ben Jelloul, 1998). Ce régime foncier ne pourrait pas donc favoriser une urbanisation règlementaire. A cela s’ajoute le problème de l’héritage foncier lié à la prédominance de la propriété privée, qui se morcelait et s’individualisait à l’extrême sans que les propriétaires cèdent ou acceptentde vendre des lots aux promoteurs fonciers et immobiliers (publics et privés). De plus, toute la bande située entre la route et la ligne de rivage présentent des prix inaccessibles pour les lotisseurs. La seule opportunité foncière à Lehmeri coïncide avec des terrains qui se situent en dehors du plan communal (Ben Salem, 1996), sur des terroirs à vocation agricole au sud de la route. La production foncière règlementaire est quasi faible à Lehmeri. Le nombre de lotissements réglementaires ne dépasse pas 107 entre1981 et 1997 (Ben Jelloul, 1998). Le reste des aires bâtis pour la même période, soit 13 ha, correspond à des constructionsclandestines. L’aire totale des espaces bâtis illégales, a presque doublé en 2018 pour atteindre 26 ha 41 a. Elle correspond, soit à une forme populaire qui concerne la population locale « qui construit à 1'intérieur ou en dehors du périmètre communal, là où elle détient le sol » soit, a une pratique qui « concerne une population solvable qui construit des logements de très bonne qualité sans autorisation de bâtir à cause des contraintes imposées par le plan d’aménagement » (Zaier, 2010).  IV- L’urbanisation et son impact sur le milieu Les paysages du Sahel de Bizerte sont profondément marqués par des interfaces[1] de type société-environnement. La forme tentaculaire qu’a prise l’extension urbaine a entraîné une perte considérable de terres agricoles (Ben Jelloul, 1998). Les nouvelles constructions cherchant des vues à paysages s’ouvrant sur la mer et la forêt défient les limites imposées par la nature, en colonisant des milieux à pentes fortes. En outre, les nouveaux édifices accroissent leurs vulnérabilitésen s’exposant plus directement aux aléas naturels, mais surtout, elles génèrent une charge croissante sur l’environnement. Les travaux (résidences récentes implantées à une altitude au-delà de 100m) entrepris sur le terrain s’entament par des actions de déboisement qui sont considérées comme la première perturbation recensée. Le déboisement s’effectue essentiellement sur des terrains privés (photos 4, 5 et 6).   Photos 4, 5 et 6 : Coupe illicite du bois de forêt (a)Construction de résidences secondaires dans la forêt et sur des pendes raides du versant nord de Jebel Enndhour (b)- Agression sur un pin maritime (c)(clichés des auteurs, 2019).   Par la suite,  le terrassement, nivellement et le damage des terrains constructibles nécessitent l’emploi d’engins dont les passages répétitifs affectent la structure des couches superficielles des sols. A terme, cet effet peut se traduire, en fonction de la nature des sols, par une réduction de l’infiltration, au profit du ruissellement. Cette situation peut engendrer des dommages considérables sur la structure des constructions surtout celles édifiées sur les pentes fortes et sur des terrains marneux. Dans l’absence de travaux de débroussaillement et la proximité d’une forêt dense à résineux augmente le risque d’incendie surtout que ces terrains sont pentus et les vents forts sont fréquents. Le deuxième impact concerne une catégorie de population solvable qui construit des logements sans permis de bâtir sur l’emprise du Domaine Public Maritime (DPM). Il s’agit d’une population aisée qui a privatisé la plage par des « constructions de fortune » édifiées au milieu de la zone protégée par la loi au nom de l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral. Une situation qui est devenue dramatique en 2012 dans certains endroits. En effet, les constructions ont envahi le rivage bloquant ainsi les échanges transversauxentre les différentes parties de la plage et déclenchant une érosion intense qui détruit des immeubles entiers (photo 5). Ainsi la ville de Rafraf se trouvait privée de sa plage qui est la dynamo du tourisme balnéaire. Les ouvrages de protection mis en place en 2013, ont encore aggravé la situation. C’est grâce à des opérations de recharge artificielle effectué dans le cadre d’un projet européen que la ville de Rafarf  a récupéré sa plage.   Le secteur de Rafraf est connu depuis toujours par ses grands domaines de viticulture de type « Muscat » et par une agriculture de terrasses dominée par l’arboriculture fruitière (amandiers, oliviers,..), par des cultures annuelles à dominante maraîchère et par les grandes cultures (céréales, fourrages, légumineuses) (fig. 8).   Fig.8 : Carte d’occupation du sol à Lahmeri en 2018 (Google earth, 2018)   Les pentes raides ont poussés la population locale a exploité des ilots agricoles en forme de terrasses. Ces « microfundias » ou « minifundias » sont l’expression de la petite paysannerie traditionnelle (Reparaz, 1990). En effet, les « petits-paysans » ou les « petits-propriétaires » ont un savoir-faireminutieux en agriculture de jardinage. Ils cultivent par des outils classiques sur des espaces exigus et laborieux différents produits agricoles destinés souvent pour la consommation familiale et/ou pour la vente au marché local. Même avec des revenus très modestes. Ces terrasses ont créé depuis longtemps une dynamique économique à Rafraf. Les superficies et la nature d’occupation des terrasses varient globalement en fonction de la pente. En effet, au-delà de 100 mètres, figurent les terrasses avec des superficies très réduites et linéaires orientées souvent parallèlement à la ligne de crête de Jebel Nadhour. L’arboriculture fruitière est la spéculation la plus dominante. Ce système « terrasse-agriculture » est assuré par des aménagements de bases à savoir par des banquettes en pierres afin d’atténuer l’effet de pente (photos 7 et 8). A des niveaux d’altitudes inférieures les parcelles agricoles ont des superficies plus importantes que le premier type et destinées soit à la viticulture et à l’arboriculture fruitière, soit aux cultures annuelles à dominante maraîchère. Les cactus dominent le système bocager de ses terrasses. Au  niveau de la plaine de Lahmeri se trouvent les terroirs agricoles les plus vastes qui sont majoritairement reconvertie en zone d’emprise urbaine destinée aux résidences secondaires. L’abandon progressif des terrasses traditionnelles a mis en péril un patrimoine agricole original sur les versants nord de Jebel Nadhour en faveur d’une spéculation périurbaine intense.      Photos7 et 8 : Mise en culture sur des terrains à pente forte (a). Banquette en pierre limitant les terrasses agricolessur les versants nord de Jebel Nadhour (b)(clichés des auteurs) Les entretiens directs avec quelques agriculteurs à la plaine Lahmeri et sur les versants raides de Jebel Nadhour, nous ont permis de constater que l’activité agricole est en déclin et que les aides et les investissements de l’Etat pour ce secteur reste médiocre. L’agriculteur est confronté lui-même à la situation de crise caractérisée par des revenus agricoles faibles et instables notamment depuis les années « 2000 » et par des produits de semences et des engrais chimiques jugés assez coûteux.L’endettement des agriculteurs en faveur de quelques banques privées liés au non payement des redevances et en net accroissement. Avec tous ces facteurs, les terroirs de Lahmeri sont soumis aujourd’hui à un conflit d’usage du sol. Les calculs effectués sous Arcgis 10.3 pour les années 1998, 2004 et 2018 (figure 9) à partir de la base de données conçue nous ont permis de constater que les parts de l’espace d’emprise urbaine et des cultures annuelles sèches sont en netteaugmentation. En revanche, une forte diminution de la part de l’arboriculture fruitière et de la vigne (5.18 hectares seulement en 2018).Les cultures maraîchères (35.92 ha en 2018) persistent encore sur la plaine Lahmeri et dans l’espace d’emprise urbaine mais pas pour autant.   Fig. 9 : Evolution des surfaces artificialisées et des zones d’activités agricoles entre 1998 et 2018 (photos aériennes 1998 et extraits d’images Google Earth 2004 et 2018) Conclusion : Les changements observés sur la plaine Lahmeri pour plus d’un siècle sont le fruit de l’émergence de plusieurs facteurs. Le poids du facteur foncier est déterminant dans l’organisation spatiale actuelle et dans la transformation d’un espace purement paysan et à dominance agricole vers un espace plurifonctionnel. L’accélération de l’emprise urbaine (construction des résidences secondaires) a conduit dans un premier lieu à la saturation des terroirs qui se trouvent de part et d’autre de la route qui mène à la forêt et dans un second lieu à « la colonisation des pentes raides ». L’urbanisation se fait souvent sur des terrains de haute aptitude agricole, au déterminant des parcelles de viticultures ou des autres implantations ou même sur les zones de sauvegardes (rivage et domaine forestier). La forte demande sur la ville deRafraf et sur sa plage pendant la saison estivale exerce une pression et mis en péril un patrimoine agricole en terrasses assez original qui porte l’identité du secteur. L’étalement urbain est aujourd’hui sérieusement mis en cause pour la pénurie foncière, le ravage du potentiel agricole, la destruction des paysages, la perte d’identité des territoires. Maîtriser cette urbanisation et mettre fin au gaspillage du foncier agricole est une question qui nécessite une révision approfondie du modèle de la gouvernance qui règne et des poids des acteurs qui sont impliqués.   Références bibliographiques : Ben Jelloul M., 1998- RAF-Raf : Nouvelle dynamique spatiale d’une petite ville du sahel de Bizerte. Revue Tunisienne de Géographie n°30, pp. 81-100. BEN salem M., 1996- Le Sahel de Bizerte : cartographie de l’occupation du sol et de sa dynamique ; Thèse de D.R.A, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, 238 p. Bertrand C., 2002- Une Géographie traversière. L'environnement à travers territoires et temporalités, Ed. Arguments, Paris, 311p. Bonniard A., 1934- La Tunisie du Nord : le Tell septentrional.Etude de géographie régionale. Librairie Orientaliste, Paris : 529p. Chaâbani A., 2009- Changements du secteur viticole en Tunisie et leurs impacts géographiques ; Thèse « déposée », Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, 518 p. (en arabe) Clotide B., 2005- Analyse comparative de la propriété foncière, Norois, 196 | 2005/3, pp. 81-90. [En ligne], https://journals.openedition.org/norois/427 INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE  (INS) 1994)- Recensement général de la population et de l'habitat de 1994. INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE  (INS) (2005)- Recensement général de la population et de l'habitat de 2004. INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE (INS)  (2015)- Recensement général de la population et de l'habitat, 2014. Gounot M., Schoenenberger A., 1967- Carte phyto-écologique de la Tunisie septentrionale au 1:2.000.000e. Feuille II : Bizerte-Tunis& feuille III : Tabarka- Souk el Arba (Notice détaillée) Vol. 40 fascicule 1, 340 pp. Guignards S., 1902 - Lettre de la commission du 8 avril 1902. Syndical Général Obligatoire des viticultures de Tunis. Jaziri B., 2017- Évaluation quantitative et mise au point d'un SIG sur la structuration du paysage bocager de Ras Djebel dans le sahel de Bizerte (Tunisie), Physio-Géo - Géographie Physique et Environnement, 2017, volume XI , pp. 160-180 Laaribi M., 2015- L’espace forestier et l’homme dans la Mogodie Tunisie septentrionale, thèse de doctorat, FSHST, 395 pp. MINISTERE DE L’EQUIPEMENT, DE L’HABITAT ET DE L’AMENAMENT DUTERRITOIRE 2009- Plan d’aménagement urbain de la ville de Raf Raf Reparaz A., 1990- L’agriculture en terrasses sur les versants méditerranéens; histoire, conséquence sur l’évolution du milieu. Séminaire, Aix-en-Provence (https://doi.org/10.3406/medit.1990.2679) Samaali H., 2016 - Cartographie de la dynamique de l’occupation-utilisation du sol : le delta de Mejerda. Publications FSHS de Tunis, éditions Arabesques, 386 p. Samaali H., 2016- Cartographie de la dynamique de l’occupation-utilisation du sol : le delta de Mejerda. Publications FSHS de Tunis, éditions Arabesques, 386 p. Zaier S., 2010- L’évolution de la villégiature sur le littoral nord-est de la Tunisie. Thèse de doctorat en sciences et architectures du paysage & sciences agronomiques, AgroParisTech et l’Université de Sousse, 284 p.   , Brahim JAZIRI 1, Hamouda SAMAALI 2 1 .2 Enseignant chercheur, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, jaziribrahim@gmail.com     samaalihamouda@yahoo.fr
  The demand for scenic land opening up to the shores of Lahmari beach in northern Tunisia has led to significant urban sprawl on agricultural land. Three distinct categories can be observed according to slope and altitude: Category I is classified as waterfront building. Category II is carried out in the agricultural depreciation area. Finally, Category III is includes luxury villas looking for an exceptional landscape opening onto the forest and the sea. This change in land use has led to a disruption of agricultural activities and has compromised a cultural heritage terrace considered important in this area zoned. Keywords: urban sprawl, agro-forest landscapes, terraced culture, heritage